Après trois années de mobilisation, la FEF a obtenu du ministre Marcourt des engagements pour la réduction du coût des études. Le ministre les présente comme suit : gratuité du minerval pour les boursiers, diminution du minerval pour les étudiants dits “de condition modeste”, gel du minerval pour tous et gratuité des syllabi.
La FEF a pris connaissance de l’avant-projet de décret, sur lequel elle sera concertée mercredi matin. Quelques distorsions ont été observées entre le décret tel qu’il est dans sa première version et la communication médiatique du ministre Marcourt. Posent problème le gel du minerval, le minerval gratuit pour les boursiers et la gratuité des syllabi. Michaël Verbauwhede, président de la FEF, souligne le danger : « étudiants et administration de l’enseignement supérieur devront faire face au flou artistique du ministre s’il ne clarifie pas la situation rapidement ».
Le gel du minerval n’est en réalité qu’un gel du plafond des frais d’inscription. Actuellement, certaines hautes écoles réclament moins que ces montants maxima que sont les plafonds. Rien n’empêchera alors ces établissements d’augmenter les frais d’inscription— jusqu’à la limite des plafonds-.
D’autre part, que se passera-t-il pour les ESA et certaines filières en haute école où le plafond est inexistant ? Gèlera-t-on tout de même les frais d’inscription à son niveau actuel ?
La FEF soulève également la question du minerval gratuit pour les boursiers. Dans l’état actuel, le décret risque de créer une discrimination entre les étudiants boursiers en université et les étudiants boursiers en HE et ESA. En haute école et en ESA, certains frais relatifs au matériel de cours sont actuellement compris dans les frais payés en début d’année. En revanche, ce n’est pas le cas à l’université.
Autre faille dans le décret : la prétendue gratuité des syllabi n’est en réalité qu’une mise à disposition gratuite du contenu des cours, sur Internet. « Le Ministre fait donc volontairement l’impasse sur ce que coûte l’impression de ces notes ou l’accès à Internet», explique le président de la FEF. Et ce, alors qu’il s’est engagé, en tant que ministre wallon de l’Economie, a réduire la fracture numérique. Par ailleurs, aucune sanction n’est prévue pour les établissements qui ne respectent pas cette disposition.
La FEF propose donc une facture maximale pour tous les supports de cours. Une idée déjà défendue lors de la campagne Sauvez Wendy. « C’est une proposition qui est soutenue par de nombreux parlementaires de la Communauté française », ajoute Michaël Verbauwhede.
Le ministre semble s’être focalisé sur l’enseignement supérieur universitaire au détriment du non universitaire. Pourtant, la masse étudiante dans ces deux secteurs est quasi équivalente. « La FEF est là pour défendre tant les droits des étudiants en haute école que ceux inscrits à l’université ou en ESA », commente Michaël Verbauwhede.
Enfin, les étudiants seront là pour rappeler au ministre qu’il reste encore plusieurs autres propositions de la campagne Sauvez Wendy à concrétiser. « La FEF réclame un enseignement public, de qualité et qui tend vers la gratuité. Pour cela, nous avons besoin d’un refinancement de la Communauté française, décidé par le prochain gouvernement fédéral », conclut Michaël Verbauwhede.