Alors que la pénurie de kots fait rage tant à Bruxelles que dans les villes universitaires en Wallonie, l’Avenir s’intéresse, dans son édition du 12 avril, aux solutions proposées par le député wallon MR Hervé Jamar. (1)
Pour Hervé Jamar, le kot est une barrière sociale qui empêche trop de jeunes d’accéder à l’enseignement supérieur. «Que ce soit à Louvain, à Liège, à Bruxelles ou même dans d’autres villes où se situent des hautes écoles, les prix varient de 300 à 450 euros. En moyenne, les parents dépensent 5000 euros par an rien que pour le logement! C’est la moitié d’un budget d’études supérieures sur un an. À cause de cela, des tas de jeunes sont barrés et ne peuvent avoir accès à des études supérieures».
La Fédération des Etudiants Francophones se réjouit de la volonté du député MR de rendre l’enseignement réellement accessible à tous et le félicite pour son initiative ! De plus, la FEF dénonce cette situation depuis des années. Dans le cadre de sa dernière campagne Wendy contre-Attaque, la FEF demande de toute urgence la construction de logements publics destinés aux étudiants. La construction de 1000 logements étudiants publics en Wallonie, principalement sur le site de Louvain-la-Neuve et de 4000 nouveaux logements publics étudiants en région bruxelloise est évaluée à 165 000 000€, un coût unique d’investissement mais indispensable pour garantir l’accessibilité aux études.
Une autre revendication portée par la FEF est le vote d’une loi réformant le bail étudiant. La proposition est entre autre de remplacer le bail de 12 mois par un bail de 10 mois, avec une possibilité de rallongement en cas de seconde session par exemple. En effet, il est inutile pour l’étudiant ayant réussi ses examens en première session de devoir payer deux mois supplémentaires alors qu’il n’utilise pas son logement
Comme inscrit dans la Déclaration de Politique Régionale, l’accessibilité aux études est une priorité. « Ainsi, Hervé Jamar proposera, sous peu, au Parlement wallon de modifier le Code wallon du Logement. Actuellement, le fameux «ancrage communal» prévoit normalement que chaque commune wallonne dispose dans son parc locatif d’un certain pourcentage de logements sociaux. Ce que le député libéral propose est d’intégrer à ce cadre l’obligation pour les communes de créer du logement à loyer modéré pour les étudiants, notamment dans des bâtiments communaux désaffectés qui pourraient être réhabilités à cet effet. »
Une analyse que la FEF partage avec le député. Les kots ne sont qu’un des nombreux problèmes représentant un frein à l’accès aux études supérieures. Hervé Jamar l’a compris : « Parce que nous sommes arrivés aujourd’hui à une fracture de plus en plus nette entre ceux qui ont les moyens d’envoyer leurs enfants aux études et les autres».
La nécessité de réduire le coût des études est au centre du débat politique. La manifestation du 6 avril a rassemblé 1600 étudiants. A cette occasion, les étudiants ont déposé 20.000 cartes postales au Cabinet du ministre Marcourt. Des actes qui témoignent du soutien des étudiants pour ce combat. La balle est plus que jamais dans le camp du Ministre de l’enseignement supérieur. L’attente commence à se faire longue…
(1) Article disponible ici : http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=9519604