En effet, ce dernier a suscité des questions pour le moins légitimes. Si certains passages de cet article relatent des informations erronées, d’autres sont simplement sorties de leur contexte, ce qui confère au lecteur une vue tronquée de la réalité. Enfin, certains points de l’article sont des débats internes à la FEF qu’il faut remettre à leur juste place : à l’intérieur même du Conseil fédéral.
La première accusation forte est le « portrait de Staline ». Il s’agit en réalité de caricatures produites en Une du Siné Hebdo (journal satyrique français) et du P’tit Tôré (journal étudiant de la Fédé – Ulg). Ces caricatures sont deux éléments d’une série d’autres photos, telles qu’une photo du Prince Wiliam d’Angleterre (récemment marié), de Jean-Claude Marcourt pas spécialement à son avantage, ainsi qu’une photo de Michael Verbauwhede, Président de la FEF, légèrement dénudé. Le lecteur aura compris qu’il s’agit d’humour propre au milieu étudiant. On peut l’apprécier ou pas, mais l’accusation ne semble en tout cas pas fondée.
La seconde accusation porte sur un soi-disant drapeau soviétique. Point de drapeau de l’URSS, mais un drapeau chinois que la FEF a reçu en cadeau en 1999 pour commémorer les 10 ans de la révolte de la Place Tien an Men, cette révolte étudiante contre le régime chinois. Ce drapeau est par ailleurs déposé sur un « autel » que la FEF a créé au moment du départ de Mathias El Berhoumi (président de la FEF entre 2007-2009, actuellement conseiller au Ministre Nollet – ECOLO). Une « private joke » donc, encore une fois. De nouveau, nous accuserait-on d’avoir un certain type d’humour ? Ce qui est écrit dans cet article est donc manifestement loin de la réalité sur ce point.
Troisième point : le fait que certains membres de Comac (le mouvement de jeunes du PTB) soient présents dans diverses instances de la FEF. Ceci est totalement vrai et d’ailleurs connu de tous les conseillers fédéraux. Mais l’article passe sous silence le fait que d’autres formations politiques sont également présentes. Ceci n’est pas neuf. C’est en effet une habitude dans le mouvement étudiant, comme l’ont fait remarquer plusieurs « anciens » dans un précédent article sur notre site. Par ailleurs, chaque étudiant, peu importe sa couleur politique, a le droit de se présenter aux élections de son université ou haute école, de s’y faire élire dans le Conseil étudiant, puis d’être délégué pour son conseil étudiant au sein de la FEF. Enfin, que les membres du Conseil fédéral parlent politique et confrontent leurs opinions politiques ou partisanes autour d’un verre, cela semble tout à fait normal, intéressant, et enrichissant. Dans ce cadre-là, il ne semble pas avoir lieu de porter des accusations de prosélytisme.
Quatrièmement, la formation donnée par le premier permanent, « l’historique de la FEF (…) truffé de références communistes ». Il ne s’agissait pas d’un historique de la FEF, mais d’un historique du mouvement étudiant dans son ensemble, et dans son contexte global. Cette formation visait à expliquer les reculs des acquis sociaux après les années 80. Il est difficile de faire un travail de contextualisation sans faire référence aux rôles de la chute du Bloc de l’est ainsi qu’aux conséquences sur la scène politique européenne et les mouvements syndicaux des travailleurs. Remise dans son contexte, cette accusation tombe également à l’eau. Néanmoins, cela n’empêche que lors des formations ultérieures, ce module se doit d’évoluer sur base des évaluations internes faites à la fin du week-end de formation.
Concernant le cinquième point de l’article, sur « les membres du Bureau qui manifesteraient leur attachement au PTB », il semble y avoir un manque de sérieux dans les accusations portées. En effet, cette accusation n’a aucun élément concret (qui ? où ? quand ? quoi ? pourquoi ?), et est surtout portée sans preuves. Si on suit cette logique du « j’ai entendu dire que… », la moitié du Bureau de la FEF pourrait être considérée comme misogyne, anti-scoute, voire même pro-Standard ! Ceci n’est pas sérieux… mais cela fait sensation !
Fondamentalement, l’article s’attaque aussi à la démocratie interne à la FEF. Si en effet la FEF connaît ce problème, ainsi que le problème de communication de l’exécutif et de participation réelle, ceci n’est pas nouveau. Depuis sa création, et comme toute structure représentative, ces deux points sont un défi constant. La démocratie interne est un enjeu dans toutes les structures et la FEF ne fait pas exception. C’est un souci permanent tout simplement parce qu’on ne peut pas se permettre, en tant que Fédération, de ne pas consulter largement. Des améliorations doivent certainement être apportées. Cependant, les deux critiques émises dans l’article présentent la situation comme une caricature et de manière réductrice. Or, ce problème est central, et mérite vraiment que l’on s’y attarde :
- La campagne Wendy contre-attaque décidée uniquement par le bureau.
Cet élément porte une dose d’exagération, puisque la campagne était inscrite au programme de l’équipe élue. Elle a donc été élue avec la volonté et la légitimité de faire cette campagne. En revanche, il est vrai de dire que l’équipe qui a porté cette campagne n’a pas réussi à impliquer les conseillers fédéraux autant qu’elle le souhaitait sur la forme de cette campagne : le nom de la campagne, les outils, etc. S’il y a eu des efforts pour faire des rencontres au mois d’août (en pleine seconde session) et septembre pour discuter de la campagne, l’équipe actuelle a échoué dans cette tâche. Toutefois, pour des raisons d’efficacité, l’exécutif a du à un moment donné trancher le débat de forme de la campagne vu que le matériel était nécessaire dès la rentrée. Enfin, une discussion avait lieu lors de chaque Conseil Fédéral sur la campagne.
2. Les manœuvres de l’équipe pour « étouffer la contestation ».
Il n’a jamais été question d’étouffer quoi que ce soit. Les nombreux contacts qui ont eu lieu entre les candidats des deux équipes pour travailler ensemble en témoignent. En ce qui concerne la soi-disant « débauche » d’une personne de la liste adverse pour rejoindre le COMEX, cela n’est pas correct. Cette personne a fait le choix personnel de se retirer et de se porter candidat pour un mandat externe de la FEF et non pas pour le COMEX. Enfin, il n’y a au final eu qu’une seule liste qui s’est présentée, la seconde s’étant (et c’est tout à son honneur) retirée pour justement maintenir l’unité de la FEF.
Même si de vraies faiblesses de communication et de participation existent aujourd’hui dans le syndicat étudiant majoritaire de la Communauté française, il faut le dire ouvertement : nous sommes fiers de notre Fédération.
C’est une Fédération qui n’a pas peur de mener le débat sur certains problèmes internes tant dans la presse que (et de préférence) dans son instance suprême, le Conseil Fédéral. C’est une Fédération qui parle ouvertement dans cette instance des adhésions politiques de ces membres et pose sans crainte des questions difficiles d’indépendance et d’intégrité de ces personnes. C’est la Fédération qui forme et a formé des militants-délégués qui, avec la même force qu’ils vont défendre les étudiants auprès de leurs directions, vont critiquer le fonctionnement de la FEF en vue de l’améliorer. Tout ceci, et encore plus, a été discuté lors du Conseil Fédéral du 30 avril 2011.
Le simple fait que certaines personnes s’expriment montre en tout cas qu’il y a de la place pour le débat à la FEF, pour faire avancer le mouvement étudiant. Et comme les étudiants interrogés le font remarquer, tous vont dans le même sens, et livrent le même combat : celui d’un enseignement supérieur public, de qualité, gratuit et accessible à tous. En conclusion, le mouvement étudiant et la FEF ne sont et ne seront pas la propriété de quelqu’un ou d’un parti. Ni chapeauté ni désorienté.
Il est cependant clair que certaines choses doivent être améliorées et changées. C’est pourquoi l’équipe FADILA, élue à la FEF pour 2011-2012, mais aussi l’équipe sortante, veulent justement discuter du fonctionnement interne de la FEF et de son amélioration. Pour FADILA, cette partie du programme sera un des piliers de l’action de la FEF de l’an prochain, avec des propositions concrètes et structurelles. Les conseillers fédéraux de 2011-2012 auront l’occasion d’en reparler de toutes façons, mais il y aura certainement du pain sur la planche pour que tous ensemble, nous puissions améliorer la FEF en profondeur.