Michaël Verbauwhede, président de la FEF, commente : « Je comprends la frustration à l’égard du bureau, de certaines personnes qui n’ont pas été élues lors du dernier conseil fédéral. Mais en l’absence d’éléments concrets, je constate une seule chose : ils ne font que brasser du vent, voire nuire à la FEF. Sans parler de leur lâcheté : sortir de telles critiques irraisonnées sous couvert d’anonymat! Les étudiants militant au sein de la FEF ont des objectifs communs : défendre les droits des étudiants et rendre l’enseignement supérieur accessible à tous. C’est d’ailleurs sur cette base, développée sous forme de programme politique, qu’ils élisent annuellement lors du conseil fédéral, le bureau de la FEF. Je le répète encore : tous ceux qui veulent travailler à faire avancer les droits des étudiants sont les bienvenus au sein de la FEF. Peu importe les couleurs politiques de chacun. A l’heure où le ministre Marcourt veut déforcer la FEF en changeant notamment le décret participation, nous devons plus que jamais nous serrer les coudes et non nous diviser. »
Les anciens de la FEF, issus de divers horizons politiques, apportent leur soutien à la FEF après la parution de cet article.
Carlos Crespo (PS), ancien délégué étudiant et ex-permanent de la FEF, s’exprime : « Je préfère ne pas me prononcer sur le sujet des luttes internes. Dans le passé, il y a déjà eu des tentatives de stigmatiser une certaine aile gauche au sein de la fédération. Il y a toujours eu des gens avec des sensibilités différentes du MR au PTB. C’est ça la réalité de terrain : de ces différentes tendances résultent des époques où la FEF s’est vu attribuer l’étiquette écolo, catho ou même socialiste… »
Romain Gaudron (ECOLO), ancien président de la FEF auquel Michaël Verbauwhede a succédé, témoigne : « A l’époque où j’ai été élu président de la FEF, j’étais déjà membre du parti ECOLO. Les médias avaient alors comparé la FEF au vivier d’Ecolo. Et alors ? Peut-on me reprocher un seul écart des positions de la FEF en faveur d’un mandataire vert ? Rien n’interdit les étudiants actifs au sein de la FEF d’être investi dans un parti. Et une immense majorité n’est d’ailleurs pas encartée ! Oui, la FEF fait de la politique, nous avons toujours défendu notre ligne politique, volontairement apartisane gage d’une stabilité dans le temps pour l’organisation. Oui, il y a aujourd’hui à la FEF des membres du PTB (comme hier et demain) et de toute les autres couleurs politiques, c’est la force d’une organisation pluraliste. Nous savons faire la part des choses et travailler ensemble, contrairement à ce que certains voudraient faire croire. J’invite les détracteurs à se joindre à ce pluralisme car les chiens de Marcourt aboient et la caravane passe… »
Même son de cloche pour Edouard Dieudonné, ancien président du conseil fédéral de la FEF (2009-2010), président de l’AGE (2008-2009) : « Serait-ce vrai ? La FEF serait-elle infiltrée et dirigée par l’extrême gauche ? Président du Conseil de la FEF en 2009-2010, j’ai pourtant pu apprécier, à l’époque, la diversité des membres qui composent la fédération. Certains étant de tendance plutôt PS, d’autres plutôt Ecolo, CDH et certains PTB. Ceux-là ne s’en sont jamais caché et est-ce si grave ? Mes prédécesseurs étaient de centre gauche et pour ma part, j’évolue dans une tendance politique qui n’est ni celle du PTB, ni celle d’Ecolo ! Je m’interroge aussi, alors que l’on taxait la FEF il y a quelques mois d’être le vivier des verts, il semble aujourd’hui qu’elle soit celui du PTB. La composition de la FEF a-t-elle tant changé en six mois ? En tout cas, si l’on en croit le résultat des dernières élections de la FEF, la plupart de ses membres en fonction à l’époque le sont encore aujourd’hui ! Et finalement, si la FEF n’était ni le bastion des verts, ni celui du PTB mais plutôt une association regroupant des jeunes investis qui s’impliquent pour les droits des étudiants ? Enfin, je rappelle que l’organe souverain de la FEF, le conseil fédéral est composé de représentants qu’envoie chaque conseil étudiant affilié à la Fédération (Unif ou Haute école). Présupposer que la FEF est infiltrée par le PTB, c’est considérer que chaque conseil étudiant l’est également ! Citoyens, citoyennes, tenez-vous bien et préparez-vous à une révolution, non pas des frites… Mais communiste. »
Thomas Lesuisse, ancien trésorier de la FEF, nous raconte: « J’ai milité trois années à la FEF. Notre seul objectif n’a jamais été que la défense et l’amélioration de la condition étudiante. Nous avons obtenu plusieurs victoires indiscutables, dues à la force de rassemblement que la FEF représente dans le milieu étudiant et à son audience auprès des responsables politiques toutes tendances confondues. Durant ces trois années, j’ai croisé des étudiants de différentes sensibilités, avec lesquels le débat a pu être vif. Je ne me suis pourtant jamais senti muselé ou contraint d’adhérer à une quelconque idéologie. L’étudiant qui souhaite s’investir sérieusement et honnêtement a sa place à la FEF. »
Attaqué dans l’article du Soir, Ludovic Voet (PTB), président du conseil fédéral réélu pour l’année suivante, répond :
« Je n’ai jamais caché être au PTB. J’exerce d’ailleurs ma fonction de président du Conseil Fédéral depuis un an et la question ne s’est pas posée à l’époque alors que j’étais candidat aux élections fédérales en Brabant Wallon. Mon engagement militant à la FEF (depuis 2006) a précédé mon choix de devenir membre du PTB (en 2008).
Et ce choix est important pour moi, en tant que jeune qui m’oppose aux politiques du gouvernement, qui me bat contre le nationalisme, pour un éveil citoyen et pour un enseignement public, de qualité et accessible à tous. Je sais que je ne serai pas étudiant toute ma vie. Car après la vie étudiante, le combat pour une société meilleure ne s’arrête pas soudainement. Je remarque d’ailleurs qu’une partie des membres de la FEF (conseillers fédéraux surtout) ont déjà fait ce choix d’être membre d’un parti (que ce soit chez Ecolo, au CDH ou au PTB,…). Et cela ne nous a jamais empêché de partager des objectifs communs et de travailler ensemble dans l’intérêt des étudiants qu’on représente. »
Virginie Angé, membre du Conseil fédéral, conclut : « Et dire que ça serait dommage de nous stigmatiser dans une tendance alors qu’on est étudiant et tout ce qu’on veut c’est revendiquer notre droit à étudier et que ça ne soit pas réservé seulement à l’élite… Peu importe notre tendance. »
22 h 25 min
La Fef on vous aaaime !
20 h 00 min
Si la FEF était « communiste », aurait-elle salué les propositions d’un MR il y a quelques mois? Ce droit de réponse est intéressant, bien plus que le vague extrait publié au Soir, mais on n’y dit pas quelles sont les orientations politiques d’Edouard Dieudonné, Thomas Lesuisse, Virginie Angé?