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thumbnail Prêt étudiant au Canada : témoignage d’une étudiante
13 October 2011
Au Canada, le programme de prêts aux étudiants fournit de l'aide financière sous forme de prêts et de subventions aux étudiants qui démontrent un besoin financier. Un prêt qui devra être remboursé une fois finies leurs études. Alicia, ancienne étudiante à l’université de Western Ontario (1999-2004), témoigne.

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Quel était le montant de ton prêt étudiant ?

J’ai pris ce prêt de janvier 2003 jusqu’en juin 2004, à l’obtention de mon diplôme. J’ai reçu le montant maximum qui était d’environ 7000$ par année. Donc quand j’ai fini mes études, j’avais un emprunt scolaire de 14000 $ à rembourser.

Dans quelles conditions as-tu pris ce prêt ?

En 2002, j’ai été en froid avec mes parents. Nous avons arrêté de nous parler. Du coup, je ne pouvais plus compter sur leur aide et ma seule option a été de prendre ce prêt étudiant. Je l’ai obtenu en août 2002, après de très longues démarches administratives au cours desquelles j’ai du « prouver » que je ne parlais vraiment plus à mes parents ! J’ai reçu les fonds juste à temps, peu avant la rentrée de janvier 2003. J’étais alors étudiante à temps partiel car je travaillais également 30 à 40h/semaine. Ces 9$/heure que je gagnais me servaient à joindre les deux bouts car le prêt ne couvrait pas toutes mes dépenses.

Au Canada, est-ce habituel de prendre un prêt afin de payer ses études ?

Ce prêt OSAP (c’est son nom) est supposé payer les frais d’inscription, les livres et les dépenses de la vie courante durant le semestre. Mais, en réalité, ce prêt ne paie seulement que mes frais d’inscriptions qui sont élevés (3000$/ semestre, soit 6000$ par an) et 90% de mes livres (un livre coute entre 50 et 350$). Ma location d’appartement et mes autres dépenses étaient payées grâce à mon travail. Une année, j’ai été acceptée en tant que boursière et j’ai donc reçu 1500$ que je ne devais pas rembourser, cette fois.

En général, à partir de quel moment doit-on rembourser ?

Ce type de prêt engage tous les étudiants à débuter le remboursement dans les six mois qui suivent la date de proclamation. L’échelonnement des mensualités est basé sur votre premier salaire et vos revenus totaux. Ainsi, pour la plupart de mes amis qui n’ont jamais trouvé un travail dans les temps impartis, ils ont pu retarder le remboursement de leur prêt en envoyant les preuves comme quoi ils étaient bien sans emploi. Si au bout d’un certain temps, ils n’ont toujours rien remboursé, l’Agence du Revenu du Canada prend alors le relais pour pratiquer un recouvrement des dettes…

Et comment cela s’est-il passé pour toi ?

J’ai été très chanceuse. En 2004, quand j’ai été diplômée, je me suis de nouveau inscrite dans une université afin de pousser plus loin mes études. A cette époque, mes parents et moi nous étions réconciliés et je n’avais plus eu besoin de recourir au prêt étudiant pour payer mes frais d’inscription. Et comme j’étais toujours étudiante, j’ai pu attendre de terminer mes études dans cette nouvelle université avant de commencer le remboursement. Mes parents m’ont aidée à en rembourser la majeure partie jusqu’à mon mariage, durant l’automne de la même année. Mon futur mari avait alors payé le restant afin d’être sûr que nous n’aurions pas de dettes, une fois mariés.

T’es-tu déjà imaginée incapable de rembourser le prêt ?

Heureusement, j’ai toujours été pleine de ressources et j’aurais recherché à le rembourser de toutes les manières possibles… Mais je n’ai pas eu à faire ça. Cependant, j’ai des amis qui ne peuvent s’acheter une voiture ou une maison car leurs mensualités de remboursement sont trop élevées. Ils approchent bientôt de la quarantaine ! C’est terrifiant.

Etait-ce dur d’étudier tout en sachant que tu avais un prêt sur le dos ?

Deux choses étaient particulièrement stressantes. Déjà, ce prêt ne couvrait même pas l’intégralité des dépenses pour mes études ! Et ensuite, il y a tout un tas de formalités administratives à remplir pour prouver que vous avez vraiment besoin de ce prêt et que vous serez capable de le rembourser plus tard. Les dates limites pour rendre chaque partie du dossier sont très serrées et je devais toujours garder en tête l’évolution du dossier. Ca aussi c’est un facteur de stress énorme qui m’empêchait de me concentrer totalement sur mes études.

Tu as fait tes études en Ontario. On dit que cette province devient de plus en plus difficilement abordable pour faire des études supérieures. Que peux-tu nous dire à ce sujet ?

C’est vrai que les études en Ontario sont plus chères que dans d’autres provinces. Le prêt en Ontario est même trop léger en comparaison avec ce que cela coûte réellement à un étudiant pour avoir accès à l’enseignement supérieur au Canada. La plupart des universités se situent dans des grandes villes (ex : Toronto, Ottawa, London). Vous payez donc une location au prix fort. Et si vous n’avez pas le budget, il vous faut alors loger plus loin, en dehors de la ville… ce qui veut dire qu’il vous faut encore payer la voiture, le parking ou l’abonnement de bus pour aller jusqu’au campus.

Recommanderais-tu ce système de prêt à un futur étudiant ?

Je le recommanderais à ceux qui veulent faire des études supérieures mais n’en ont pas les moyens. Mais je préfère mettre en garde ceux qui pensent que c’est juste le « bon plan ». Le gouvernement n’hésitera pas à vous faire sauter à travers des cerceaux enflammés si ça peut lui permettre de récupérer une partie du prêt. C’était aussi horrible de voir tous ceux qui abusent du système (en mentant sur leurs revenus estivaux afin de toucher le montant maximum du prêt) et ceux qui ont réellement besoin de cet argent mais ont été traités injustement par l’administration.

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