Il y a un mois, la FEF rencontrait les leaders étudiants chiliens à Bruxelles. Ceux-ci mènent une lutte pour le droit à une éducation publique gratuite, digne et de qualité au Chili. La FEF y a découvert des similitudes avec son propre combat pour l’éducation en Belgique. Camila Vallejo (présidente de la FECH- Fédération des Etudiants Chiliens), Francisco Figueroa (vice-président de la FECH), Giorgio Jackson (président de la FEUC- Fédération des Etudiants des Universités Catholiques du Chili) et Gabriel Iturra (membre de la ACES- Assemblée Coordinatrice des Etudiants du Secondaires) ont obtenu la confirmation du soutien de la Fédération des étudiants Francophones. (Voir notre article précédent)
Au Chili, les étudiants ont envahi les rues depuis le 28 avril 2011. Leurs revendications sont ancrées dans un mouvement étudiant datant de 2001. Ils se révoltent contre un système éducatif privatif établi sous une dictature, celle d’Augusto Pinochet.
Pour mieux comprendre, replaçons-nous dans les années 1960 quand Salvador Allende arrive au pouvoir. Le président chilien met en place un projet de loi appelé ENU (Ecole Nationale Unie). Il veut permettre l’octroi des bourses aux plus démunis et augmenter l’accès à l’enseignement, qu’a initié son prédécesseur Eduardo Frei Montalva. Allende estime que renforcer l’accès à l’éducation, c’est permettre que le peuple soit « souverain ». Il ne cache pas que le projet de l’ENU vise un déconditionnement social. L’Eglise Catholique du Chili n’acceptera pas de le suivre car elle estime « qu’il y manque l’héritage catholique du peuple chilien ». La réforme éducative sera suspendue quelques jours avant le coup d’Etat du 11 septembre 1973.
Dès son arrivée au pouvoir, Augusto Pinochet reprend en main le domaine éducatif. Ce dernier est élaboré par les « Chicago Boys » (surnoms des économistes chiliens formés aux USA). Le dictateur fait voter la LOCE (Loi Organique Constitutionnelle de l’Education) qui rend l’éducation du Chili privative et remet aux municipalités la gestion de l’éducation publique. Désormais, un élève issu d’une classe privilégiée ira dans une écoles privée. En revanche, les plus démunis n’auront droit qu’à un établissement public de mauvaise qualité car les professeurs se réfugient dans le privé, plus rémunérateur. Il n’y a aucun contrôle de l’enseignement prodigué dans ces écoles, et géré par un membre de la municipalité n’ayant pas le droit de refuser l’accès à un élève n’étant pas de religion catholique ni d’obtenir de l’aide financière des familles.
Quand le dictateur Pinochet quitte le pouvoir en 1990, il signe avec les partis de gauche de la concertation deux conventions : ne pas toucher à la constitution qu’il a mise en place et ne pas réformer l’éducation du Chili.
En 2001 explose une première contestation des étudiants universitaires chiliens. En 2006 et 2008, ce sont les étudiants du secondaire chiliens qui prennent d’assaut les rues afin de réclamer, entre autres, l’abrogation de la LOCE. Cette révolte sera nommée « La révolution des pingouins » en référence à l’uniforme des lycéens. Fin octobre 2011, le président chilien Sébastian Pinera annonce la création, à l’horizon 2012, d’un Conseil Supérieur de l’Education.
Ces 23 et 24 novembre 2011, les étudiants chiliens descendront à nouveau dans les rues et seront rejoints par les étudiants colombiens. Ces derniers rejettent le projet du gouvernement du président Santos qui met en cause le financement et l’autonomie des établissements universitaires et met en danger la qualité de l’éducation en la réduisant à une marchandise. Ce projet de loi est discuté au congrès colombien sans concertation avec les étudiants. Les étudiants de la FEF se déclarent solidaires et préoccupés par ce que vivent leurs homologues d’Amérique Latine. La FEF suivra de près cette actualité étudiante : “Estamos y estaremos siempre juntos en la lucha por nuestro derecho. Fuerza a todos”.
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“Pourquoi les étudiants belges devraient-ils soutenir les étudiants chiliens?”
Tout nous sépare du Chili: C’est un autre continent, un autre peuple, une autre histoire politique et sociale, une autre langue officielle, un autre horaire de vie. les différences ne doivent pas éloigner les êtres humains. Elles doivent plutôt les rapprocher dans la connaissance de l’autre. Voici pourquoi les étudiants chiliens nous interpellent:
1. ils luttent pour des droits éducatifs plus démocratriques.
2. Ils sont issus de la première génération qui vit après une dictature, celle de Pinochet.
3. Ils sont nés à la fin des années 1980 et sont nos contemporains.
4. Ils utilisent des moyens démocratiques et pacifiques pour protester.
5. Ils croient en l’avenir d’un autre chili
6. ils veulent que les politiques tiennent compte d’eux quand ils abordent l’éducation
7. ils revendiquent aussi le droit à une éducation publique digne, gratuite et de qualité.
les étudiants chiliens nous ont demandé de les soutenir et nous leur répondons:
“Nous sommes et nous serons toujours ensemble dans la lutte pour notre droit à une éducation gratuite digne et de qualité”.
Force à tous!
(traduction en espagnol ci-dessous)
¿Porque los estudiantes belgas apoyaban a los estudiantes chilenos?
Todo nos separa de Chile: es un otro continente, otro pueblo, otra historia política y social, otro idioma, otro horario de vida. Las diferencias no deben alejar los humanos. Al contrario deben mas acercar los en el conocimiento de los Otros. Aquí esta porque los estudiantes chilenos nos interpelan.
1. luchan por derecho a una educación más democrático
2. Vienen de la primera generación que vive después de la dictadura de Pinochet
3. Han nacido al fin des los años 80 y son nuestro contemporáneos
4. Usan los medios democráticos y pacíficos para protestar
5. Creen en un porvenir de un otro Chile
6. Querían que los políticos tomen en cuento de ellos cuando
Se decide de la educación
7. reivindican también el derecho a un educación pública, gratuita, digno y de calidad
Los estudiantes chilenos nos han preguntado para apoyar los
Y le contestamos:
“Estamos y estaremos siempre juntos en la lucha por nuestro derecho”.
Nic GORTZ – Responsable FEF Internacional
Anémone HUBERT- Responsable FEF Contactos con Estudiantes Chilenos
Photo: Camila Vallejo