Le mouvement étudiant ne date pas d’hier… pas plus que de mai 68 ! Au départ, se sont constituées spontanément, selon l’urgence, des assemblées générales universitaires qui se coordonnaient de temps à autre pour mener des actions au niveau national. C’est ainsi que sont nés le MUBEF (Mouvement Unifié Belge des Étudiants Francophones) et la FOFEB (Fédération des Organisations Francophones des Etudiants de Belgique), dans les années 60 et 70.
En 1973, est fondé « le » FEF … pour Front des Étudiants Francophones. Le FEF changera rapidement de nom pour devenir « la » FEF pour Fédération des Etudiant(e)s Francophones.
1984 est une année importante pour la FEF : grandes grèves de protestation contre les mesures visant à réduire le nombre d’étudiants étrangers et à leur imposer un minerval très élevé.
En 1990 est voté ce que la FEF appelle le « décret Mammouth » qui augmente le minerval des universités et qui instaure un minerval dans les écoles supérieures hors université.
Au moment des grandes grèves et manifestations d’enseignants, la FEF introduit un recours en Cour d’Arbitrage pour demander l’annulation du « décret Mammouth ».
Sous la Présidence de Jean-Marc Nollet, la FEF adresse son premier « Mémorandum aux partis politiques » à la veille des élections législatives de décembre 1991.
La FEF s’ouvre enfin aux étudiants de l’enseignement supérieur hors université et Philippe Lesne devient le premier président de la FEF issu de ce type d’enseignement.
Mai 1992 : L’arrêt de la Cour d’Arbitrage tombe : le décret mammouth est annulé ! La FEF remporte là une importante victoire.
En 1993 et 1994, la FEF insiste pour que se développe enfin une politique de formation pédagogique des enseignants du supérieur. Pour faire avancer le débat, la FEF crée ses « Colloques singuliers », petit laboratoire de réflexion pédagogique auquel sont mêlés des représentants de tous les acteurs de l’enseignement.
1994 : Michel Lebrun lance son projet de décret sur les « grandes écoles ». Malgré une mobilisation croissante des étudiants, le décret est voté en octobre. Après quelques manifestations importantes, le Gouvernement de la Communauté française accepte de négocier avec les étudiants réunis autour de la FEF et de son président Philippe Henry.
Février 1995 : les négociations débouchent sur un accord fixant le cadre d’un nouveau décret – celui des « Hautes Écoles » – que mettra en application Jean-Pierre Grafé, successeur de Michel Lebrun.
Le secondaire est en effervescence et le supérieur reste en ébullition. La FEF et son Président Fabrizio Bucella réclament toujours le refinancement… tandis que Grafé fait voter les sinistres mesures “ bisseurs-trisseurs ”.
Pour la succession de Fabrizio Bucella, la FEF se déchire avant d’élire Grégor Chapelle comme président.
Février 1997 :Grégor Chapelle assiste au vote de la motion du 4 février 1997 dite la motion « bi-réacteur » qui définit les quatre piliers de la FEF. Grègor Chapelle démissionne après.
Sous la Présidence d’Emily Hoyos, la Fédération poursuit son travail de sape juridique contre les droits d’inscription complémentaires (DIC) : la Cour d’Arbitrage se déclare incompétente, car pour elle, les DIC n’existent pas. Dont acte.
En parallèle au sommet de Bologne en juin 1999, la FEF, présente sur place, participe à la rédaction de la Déclaration conjointe des étudiants européens. La Fédération sera le premier acteur en Communauté française à insister sur l’importance d’un sujet encore sous-médiatisé : l’harmonisation européenne de l’enseignement supérieur.
Un mois plus tard, Steffen Fobe entame sa présidence sous de meilleurs auspices : les partis de la nouvelle majorité prônent – enfin – le refinancement et, rapidement, Françoise Dupuis, supprime les mesures touchant les « doubles bisseurs » et assouplit les mesures qui touchent les « trisseurs ».
Février et mars 2000 verront une série d’actions et une manifestation pour la liberté d’accès à l’enseignement. Au programme : revalorisation des bourses d’études, suppression des Droits d’inscription complémentaires et du numerus clausus.
On retiendra l’événement que constitua la « Nuit des briques », pendant laquelle les entrées de bon nombre d’universités et de Hautes Écoles furent murées pour dénoncer les entraves à l’accès.
En octobre 2000, la FEF, présidée par François Schreuer, est à l’initiative d’une prise de position commune de tous les acteurs de l’enseignement pour réclamer le refinancement de l’enseignement.
Même si la rentrée 2000 est marquée par l’entrée en vigueur du numerus clausus en médecine, la FEF obtiendra deux victoires importantes : une motion contre le numerus clausus votée à l’unanimité par le Parlement de la Communauté française et la suspension par le Conseil d’état de l’interdiction pour les étudiants rejetés par le numerus clausus de continuer leurs études !
En février 2001, après quatre ans d’absence, l’AGL (Assemblée Générale des Etudiants de Louvain) rentre à la Fédération et la renforce de quelque 20 000 étudiants. Parallèlement, la FEF encadre la mobilisation des étudiants touchés par la réforme de l’enseignement supérieur pédagogique et négocie la réforme de l’enseignement supérieur artistique.
En mai de la même année, la FEF et le PS rendent public un accord sur la rédaction d’un décret régissant la participation étudiante dans les universités, tandis que Nicolas Hourt devient le premier président issu de l’enseignement supérieur artistique.
L’année 2001-2002 est marquée par une rentrée massive de Conseils des étudiants à la Fédération, couronnant un important travail de représentation et de structuration.
En outre, la FEF insiste sur l’importance de problématiques européennes et internationales et sur leurs influences probables sur notre enseignement. A raison !
Sensibilisée à la problématique, sous médiatisée mais pourtant importante, de l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services), elle organise des séances d’information partout en Communauté française.
L’année 2001 se termine le 13 décembre par une euro-manifestation rassemblant 80 000 personnes, sous la présidence belge de l’Union Européenne. La FEF prépare l’événement en co-organisant un sommet d’ESIB (voir 2.1.) à Bruxelles, en informant et en mobilisant les étudiants.
2002 voit l’émergence de regroupements éperdus d’établissements d’enseignement supérieur sous forme de pôles, réseaux, associations, etc. La Fédération, forte de son expertise sur le processus de Bologne, affiche son scepticisme.
Sous la présidence de Jonathan Couvreur en 2002, la FEF engrange des avancées sur le terrain de la pédagogie, via l’instauration du CAPAES (Certificat d’Aptitude Pédagogique Adapté à l’Enseignement Supérieur) et la mise en place de l’Agence d’évaluation de la qualité de l’enseignement supérieur.
Par ailleurs, le travail d’information sur les questions européennes et internationales se poursuit.
A la veille des élections fédérales et à un an des élections régionales, 10 questions sont adressées aux quatre principaux partis démocratiques.
Enfin 2003 verra l’aboutissement du décret sur la participation étudiante en université, porté à bout de bras par la FEF malgré une opposition permanente et féroce des recteurs.
En septembre 2003, la FEF, présente au Sommet européen au sein de la délégation belge, perçoit l’arrivée imminente d’une réforme destinée à intégrer l’enseignement supérieur en Communauté française au processus de Bologne.
Bingo ! La FEF se procure le projet de décret… qui revient sur de nombreux acquis étudiants ! L’équipe de Sahra Vanhosmael informe tous azimuts et mobilise. 15 000 étudiants et enseignants défilent dans la capitale. Après d’âpres négociations, la FEF fait corriger la copie de Françoise Dupuis et obtient la création d’un fonds de mobilité étudiante… qui ne sera financé qu’en 2007 !
L’année académique 2004-2005, sous la présidence de Renaud Maes, connaîtra d’emblée plusieurs événements marquants : nouvelle ministre, mais surtout un grand mouvement de ras-le-bol des étudiants et des enseignants des Hautes Ecoles contre la surpopulation des classes. En effet, ce secteur a connu une croissance importante du nombre d’étudiants qui le fréquentent, mais son financement global n’a pas évolué. Suite à ces manifestations qui culmineront le 28 octobre, la FEF obtiendra un refinancement de 5.000.000 € et la conclusion avec la ministre d’un accord concernant la démocratisation de l’enseignement supérieur sur la législature.
L’année 2005-2006, sous les férules successives de Renaud Maes et Delphine Michel, a connu son lot de revendications : mouvement des étudiants contre le décret limitant le nombre de non résidents admissibles à l’inscription dans certaines filières, revendications de la FEF dans le cadre du dossier des droits d’inscription complémentaires.
D’autre part, la FEF réussira à mettre son empreinte sur les textes modernisant le fonctionnement des Hautes Ecoles et les Ecoles Supérieures des Arts, notamment en ce qui concerne la qualité de la gestion et la participation étudiante, ayant rédigé des dizaines de propositions d’améliorations des textes concernés.
Pour 2006-2007, c’est Aurian Bourguignon, vice-président du comex l’année précédente, qui assume la présidence de la FEF. Marquée principalement par la décision de la Cour d’Arbitrage du 22 février de rejeter le recours introduit par la FEF contre le décret du 20/07/2005, cette année vit se prolonger les combats de longue haleine de la FEF contre les DIC et DAC et le numerus clausus. En outre, la FEF a tiré la sonnette d’alarme avant que ne s’effondrent les ESA, en mal de bâtiments adaptés, suffisants et salubres.
Les élections fédérales approchant, c’est le moment ou jamais de faire entendre toutes nos revendications au monde politique, notamment via le memorandum « priorités pour les élections fédérales », ainsi que grâce à une collaboration avec la VVS (Vlaams Vereniging van Studenten, notre pendant flamand) sur un memorandum et un colloque communs.






